La localité de Bule, située à 80 kilomètres au nord de Bunia dans le territoire de Djugu, amorce un retour progressif de ses habitants. Après avoir été délogés par les opérations militaires, les miliciens de la CRP de Thomas Lubanga rôdent encore aux abords de la cité, mais une mission conjointe FARDC-MONUSCO s’est rendue sur place ce jeudi 29 janvier pour rassurer la population et encourager la reprise des activités.
Selon les premières estimations, environ 10 % de la population a déjà regagné la localité. Si les rues de Bule s’animent de nouveau avec le passage de motos transportant des marchandises et des familles revenant des champs avec du bois de chauffage, l’activité économique reste globalement grippée.
La société civile locale lie ce mouvement de retour à une amélioration notable des relations entre les civils et les forces de défense. Cependant, pour Désiré Malodra, président de la société civile de Bule, la pérennité de ce retour dépendra du professionnalisme des troupes au sol :
« Il y a déjà une relation civilo-militaire qui commence à revenir. Mais on aimerait que cela soit beaucoup plus solide ; cela relève maintenant du comportement des militaires sur place ».
La peur des miliciens de la CRP paralyse encore les écoles
Malgré la présence militaire, la psychose n’a pas totalement quitté les esprits. La majorité des boutiques, le marché central et surtout les écoles demeurent fermés. Les habitants redoutent de nouveaux affrontements, car des miliciens de la CRP (Convention pour la Révolution Populaire) sont toujours signalés dans les périphéries de l’agglomération.
Venu en mission d’évaluation avec le soutien logistique de la MONUSCO, le commandant de la 32ᵉ région militaire, le Général Antoine David Mushimba, s’est voulu catégorique sur la situation sécuritaire. Il appelle à une reprise immédiate de la vie sociale :
« Il faut absolument que les activités commencent immédiatement et que les écoliers retournent sur le chemin de l’école, parce que je leur ai assuré la sécurité ».
L’autorité militaire a conclu sa visite en exhortant les leaders communautaires et la population à se désolidariser totalement des groupes armés pour privilégier une paix durable dans cette partie de l’Ituri.